05.06.2009
Télé-réalité: Obligation d'un contrat de travail !
La Cour de cassation a tranché : il faut un contrat de travail pour participer.
On en salive d’avance. Sous l’œil des caméras de Secret Story, Samantha (c’est un exemple) a un peu picolé, elle se déhanche lors d’une soirée mousse, et le téléspectateur est à deux doigts de découvrir son terrible secret (elle n’a pas de nombril) quand soudain, Samantha met les bouts : « Tchao les cocos, assez bossé pour aujourd’hui ! » Raide. Autre exemple. Samantho (c’est un exemple) est éliminé de Secret Story. Mais avant de prendre la porte, il est convoqué par le DRH de l’émission à un entretien préalable au licenciement et ce, accompagné d’un représentant du personnel. Rude, mais c’est comme ça : participer à une émission de télé-réalité constitue un boulot comme un autre, et exige par conséquent un contrat de travail. Ainsi en a décidé hier la Cour de cassation, instaurant pour la première fois un statut pour les candidats de Secret Story et autres Koh-Lanta.
« Six ans de boulot, putain ! » Quelques minutes après le jugement, Jérémie Assous, l’avocat qui a obtenu cette victoire juridique, n’en revient toujours pas. Sa croisade a démarré en 2003. De tribunal des prud’hommes en cour d’appel, défendant des participants de l’Ile de la tentation (TF1), il plaide à chaque fois la même chose et il est entendu. Puisque les candidats doivent se tenir nuit et jour à disposition de la production, puisqu’ils sont tenus de se livrer à la moindre activité prévue, puisqu’ils sont rémunérés (1 525 euros), alors il s’agit d’un travail, et ils doivent donc bénéficier d’un contrat ad hoc et des conditions afférentes : congés, etc.
Et la Cour de cassation l’a suivi. Conséquence, selon Assous : « Les sociétés de production ne pourront plus disposer des individus comme ils l’ont fait depuis des années, 24 heures sur 24, en leur faisant faire n’importe quoi. »
En face, Edouard Boccon-Gibod, patron de TF1 Productions qui commettait L’île de la tentation, accuse le coup. « Je n’arrive pas à me faire à l’idée, déclare-t-il, que participer à une émission de télévision peut être considéré comme une activité professionnelle, dès lors qu’on me demande d’être moi-même. »
Sauf que le tentateur devait être « lui-même » à la demande expresse de la production, sinon ouste. « On leur demande de venir draguer, poursuit Boccon-Gibod, alors qu’au monteur, on lui demande de monter, c’est-à-dire de faire son métier. » Consolation : la Cour de cassation a annulé la précédente condamnation de TF1 pour travail dissimulé, qui sera renvoyée en cour d’appel.
Pour Boccon-Gibod, ce nouveau statut du travailleur de télé-réalité est « un bouleversement pour la production audiovisuelle », qui pourrait aussi toucher les autres émissions.
En attendant de voir les candidats des Chiffres et des lettres traîner la production en justice pour les avoir contraints à tirer des consonnes et des voyelles, quid de Secret Story, bon sang, qui démarre le 19 juin sur TF1 ? « ça ne mettra pas en péril l’émission, indique à Libération Virginie Calmels, la patronne d’Endemol. Il y aura sans doute des aménagements dans les contrats, mais Secret Story sera en adéquation avec la loi. » La diffusion sur Internet 22 heures sur 24, en revanche, « c’est une question » . Solution – aimablement – suggérée par Libération : partager en deux la baraque et les candidats, et filmer chaque groupe huit d’heures d’affilée. Pendant ce temps, les autres prendront leur pause, éliront leurs délégués du personnel… La vie de bureau quoi.
Source: libération du 4 mai 09
08:49 Publié dans Secret Story 3 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ile de la tentation, secret story 3, secret story, tf1, endemol


